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Bien choisir son école de conduite
(Articles de Que Choisir & Moto magazine )



Auto-écoles, s'inscrire sans se tromper

(Extraits du mensuel QUE CHOISIR n° 361- Juin 1999)


Malgré une volonté affichée d'assainir la profession, les auto-écoles continues d'avoir mauvaise réputation. Quels sont les éléments qui permettent de repérer les plus sérieuses et performantes ? Notre enquête pour vous éclairer…


Avant de s'inscrire, obtenir le taux de réussite de son auto-école à la première présentation du permis peut être utile … et fastidieux.

Si vous êtes malin et tenace

Dans chaque département, deux services au moins détiennent les résultats par établissements :
Le bureau de répartition des auto-écoles (a la préfecture), le bureau de formation des conducteurs (selon les départements à la préfecture, à la direction départementale de l'équipement ou au centre d'examen du code).
Avant de les contacter, sélectionnez d'abord quelques auto-écoles ; en général, elles vous donnent au moins une vague indication sur leurs résultats : " Au-tour de 60% " ; " Ca marche bien " ; C'est conforme à la moyenne "… Parfois, le taux de réussite est même affiché sur leur vitrine. Ensuite muni d'un numéro d'agrément de chacun de ces établissements, interrogez l'un des services administratifs précités pour vérifier la fiabilité de l'information qui vous a été donnée. L'expérience est concluante : nous avons pu savoir si l'auto-école disait ou non la vérité(" C'est à peu prés ça " ; " Le chiffre est surévalué "…) ou si elle avait un taux de réussite " conforme à la moyenne départementale ". Nous vous donnons donc les résultats par département, tous permis confondus (seules statistiques nationales fiables). Mais le permis B représentant environ 90 % des permis délivrés, ces taux sont proches des taux de réussite au permis B. 12 AVEYRON 67,65


Prix

" Lorsqu'ils s'inscrivent à l'auto-école , les candidats achètent davantage un prix qu'une formation. C' est dommage, car c'est la qualité de l'enseignement qui devrait être privilégiée ", constate René Chomette, directeur de l'ECF de Bron (69).

Bon à savoir !

En résumé, quel prix pour un permis ? Tandis que les relevés effectués par l'UFC-Que Choisir indique que celui du forfait vingt heures varie de 2900 à 4900 F, les experts notent qu'il faut tabler (hors heure d'évaluation ,voir plus bas) sur " au moins 5500-6000 F , soit l'équivalent de 25-27 heures de conduite ". Moins de 10 % des élèves obtiennent en effet leur permis après seulement vingt heures.

 

Inscription

Outre le prix , choisir une auto-école suppose quelques vérifications élémentaires pour éviter toute mauvaise surprise. Vigilance , car elles réclament souvent des frais d'inscription (de 150 à 300 F, avec des pointes à 700 F) pas toujours inclus dans le forfait . Demandez aussi un devis préalable . Sept points cruciaux sont à vérifier.

Numéro d'agrément

Délivré par la préfecture, il est obligatoire . Ce numéro doit figurer sur tous les documents de l'auto-école. A Paris, en 1998, sur environ 280 établissements , 38 agréments ont été retirés. " Pour motifs disciplinaire et à la suite de la cessation d'activité (décès, faillite…) ", note, sans donner de chiffres plus précis, la préfecture de police . De leur côté, les moniteurs doivent être titulaires du diplôme adéquat, le Bepecaser, mais seule l'administration est habilitée à exiger sa présentation.

Santé financière

Consultez le registre du commerce (au tribunal de commerce) pour vérifier si l'établissement n'est pas en redressement judiciaire. Ces informations sont également disponibles sur Minitel comme 3617 EURIDILE ou 3617 VERIF (5,57 F/min). Les fermetures brutales, pas si rares, cachent parfois de vraies escroqueries. La tactique ? L'indélicat ouvre une auto-école à grand renfort de publicités en proposant des prix cassés (" le permis à 2990 F ", par exemple). Une fois les premiers acomptes encaissés, il ferme boutique et s'enfuit avec la caisse. En décembre dernier, Antonio M., ancien dirigeant de Conduite Bretagne, implantée à Brest et Quimper, a été condamné pour ses motifs à deux ans de prison avec sursis et 150000 F d'amende par le tribunal correctionnel de Brets (29). Une affaire parmi d'autres.

Conditions matérielles

" A priori, un établissement qui possède au moins deux véhicules a déjà un volant de clients suffisants pour présenter des candidats à l'examen tous les quinze jours, l'idéal étant de pouvoir le faire une fois par semaine ", note-t-on à l'auto-école Feu vert de Lille (59). Inspectez aussi les locaux : la salle de cours est-elle bien séparée de la boutique, gage d'une meilleure concentration ? Sachez aussi qu'un moniteur doit toujours être présent lors des séances de code pour aider l'élève. En pratique, ce dernier se trouve souvent seul face à l'écran où défilent les questions. " Il y a quelques moins une auto-école du département a vu son agrément retiré pendant quinze jours pour cette raison ", raconte Nadine Laniez de l'union locale UFC-Que Choisir d'Arras et membre de la " commission auto-école " du Pas- de-Calais.

Taux de réussite

Interrogez l'auto-école sur son taux de réussite au permis (voir tableau ci joint).
Un bon établissement a généralement moins de difficultés pour obtenir des places à l'examen : plus l'attente est courte, plus il est en principe performant. Ces dates d'examen sont d'ailleurs un vrai sujet de tension entre auto-écoles et les services du ministère des transports. Pierre Marchessau, chef des inspecteurs des permis de conduire de Paris, l'admet : " Qu'un inspecteur tombe malade ou ne soit pas remplacé dans la foulée après son départ à la retraite, et le système peut s'enrayer. " " Et on ne vous averti qu' a midi que l'examen de l'après midi est annulé ", renchérit un responsable de l'ECF de Bron (69). Conséquence, les délais de présentation s'allongent : des élèves qui ont échoué a la conduite attendent facilement deux voire trois mois pour repasser l'épreuve.

 

Bon à savoir !

La loi exige qu'un délai d'un mois s'écoule entre l'inscription à l'auto-école et le premier passage de l'examen ( code + conduite ).

 

Conditions de paiement

Ne versez pas le prix de la formation en une fois. Privilégiez les auto-écoles qui permettent de payer en deux ou trois fois. En cas de fermeture soudaine, cela limitera la casse. Car il serait bien improbable que vous récupériez les centaines de francs versés d'avance. Dès lors, pourquoi ne pas obliger les auto-écoles à souscrire une garantie financière ? Le projet de loi Gayssot ne contient aucune ligne sur se thème. Mais au ministère des Transports, on affirme qu'elle pourrait être imposée " dans un des décrets d'application de la loi ".

Heure d'évaluation

Avant toute inscription, l'heure d'évaluation, formalité obligatoire facturée de 90 à 250 F, doit permettre à l'auto-école de fixer approximativement le nombre d'heures de conduite en plus des 20 obligatoires que l'élève devra éventuellement suivre. En cas d'inscription dans l'établissement qui vous l'a dispensée, cette heure d'évaluation ne doit pas être déduite du volume d'heures du forfait . Selon l'enquête de la MCE d'Ille-et-Vilaine, 64 % des moniteurs déclarent devoir ajouter de trois à cinq heures de conduite supplémentaires à ce qu'ils avaient prévu sur la fiche d'évaluation. " Forcément, on doit minimiser, reconnaît l'un d'entre eux. Si on dit à un élève qu'il lui faut au moins vingt-cinq heures et qu'un autre établissement peu scrupuleux lui affirme qu'il n'aura besoin que des vingt obligatoires, devinez où il ira s'inscrire ? "

Contrat

Le projet de loi Gayssot va rendre obligatoire le contrat écrit entre l'auto-école et le client. Dores et déjà, exigez -le : il vous facilitera la tâche en cas de litige. Veillez à ce qu'il soit le plus complet possible (prix, possibilité d'annulation des heures et du contrat…) et faites-y porter des clauses que vous jugez essentielles. Par exemple, possibilité d'annuler le contrat et de restituer une partie des sommes versées d'avance en cas de changement d'université, de mutation professionnelle…Sinon vous seriez obligé de rechercher un accord amiable avec l'auto-école pour être remboursé.

 

Bon à savoir !

En général un élève doit payer sa leçon s'il se désiste moins de 48 h avant. Si c'est l'auto-école qui annule, elle doit proposer une autre heure à la convenance du client.

 

Formation

Le candidat devrait pouvoir aborder dans son apprentissage les grands chapitres du Plan national de formation. Hélas, ce dernier n'est en réalité qu'effleuré. Les raisons ? Une formation des moniteurs pas toujours à la hauteur et des contrôles trop rares ou superficiels de l'administration. Le projet de loi Gayssot promet d'y remédier. Problème : le nombre d'inspecteurs affectés à cette tâche-les mêmes qui font passer le permis, la " priorité " ne devrait pas augmenter.
Ce contexte délicat ne saurait occulter l'importance du livret d'apprentissage, remis à tous les élève au début de la formation (arrêté du 11/3/91). Celui-ci devant le remplir à la fin de chaque leçon (description des manœuvres effectuées, progression…) sous le contrôle du moniteur. Propriété de l'élève, qui devrait pouvoir repartir avec après chaque leçon, sa tenue est trop souvent bâclée. " C'est un tort, regrette le responsable auto-école à la Direction générale de la concurrence , de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Plus le livret est soigneusement complété, mieux il pourra être utilisé par le juge en cas de contentieux. A sa lecture, il verra ce qui a été effectivement fait. "
Autres critiques fréquentes, celles qui touchent au déroulé de l'heure de conduite, pourtant précisé par la réglementation : 5 minutes doivent être consacrées à la " mise en route " (rappel des fondements, programme de la leçon…), l'élève devant passer ensuite de 45 à 50 minutes au volant . Les 5 ou 10 minutes qui restent étant utilisées pour annoter le livret d'apprentissage.
En revanche, pour remplir les objectifs théoriques du PNF, les auto-écoles gardent une certaine autonomie. La méthode la plus fréquente reste la classique heure de conduite individuelle sur route avec un moniteur. Mais les formules " panachées " existent. Des auto-écoles font ainsi effectuer quelques heures de simulateur- un volant devant un écran-à leurs élèves (attention, elles sont prélevées sur les vingt heures du forfait). Assez simple, ces machines n'ont cependant " rien à voir avec un simulateur d'Airbus ! ", ironise Gérard Accourt, président d'ECF. Dans les 1200 point de son réseau, c'est une autre formule qu'il préconise. " On mixe conduite sur route et sur piste. C'est un réel atout car ce que nos élèves apprennent en circulation est ensuite automatisé sur site fermé. " Pour ECF, ce sont au passage de belles économies : cet après-midi-là d'avril, à Bron, une douzaine de voitures tournent sur la piste avec à leur bord, un duo d'élèves. Et seuls deux moniteurs les " surveillent " par radio depuis la tour qui surplombe le site.
Autres méthodes, des cours de conduite collectifs (voyage-école d'une journée, stage d'une semaine…). C'est très pédagogique, notent les partisans de ces formules. En regardant l'élève au volant, celui qui est derrière peut lire la route, assimiler les conseils donnés, etc. "
Rien n'a cependant été démontré sur le plus que de telles méthodes sont censées apporter.

 

Bon à savoir !

En cas de cours de conduite collectif, seul le temps au volant doit être décompté comme heure de conduite.

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